Émile Ollivier

Résumé

Émile Ollivier Revue des Deux Mondes

VI. — LA RUSSIE Les pieds dans la mer Noire, la tête au pôle, adossée aux neiges éternelles, protégée par les steppes asiatiques, masse immense, réduit inattaquable par les derrières et par les flancs, la Russie est plus inexpugnable que la Grande-Bretagne dans son île. La Pologne s’interposa longtemps entre l’Europe et elle comme un mur contre lequel elle se brisait ; elle avait abattu le mur en s’installant sur la Vistule. De là elle est en position de tourner une partie de la Prusse, de fondre sur l’Autriche, d’inonder de ses hordes le centre de notre continent.
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Émile Ollivier Revue des Deux Mondes

Neri Corsini, délégué de la Toscane au camp, écrivait : « Injustice et absurdité sans exemple serait d’accuser l’Empereur de la paix. Il n’est pas dans la nature des choses qu’un prince guerrier renonce spontanément, pour le plaisir de décevoir une nation entière, à une entreprise conduite avec tant de sacrifices et tant de gloire au point où nous en étions ! La raison vraie et de force majeure, l’Empereur me l’a dit à moi, est l’attitude de la Prusse et de la Confédération menaçant d’une guerre générale qui aurait compromis l’Italie et la France ! »
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Mon cher Prince, nous ne sommes pas là pour faire un cours de droit des gens ; il est inutile de discuter des questions qui ne se rapportent pas directement à la paix ; sur les principes, nous ne saurions nous entendre ; ce que vous appelez les vœux des populations, le suffrage universel, je l’appelle, moi, le droit révolutionnaire ; je ne connais que le droit écrit par les traités. D’après eux, je possède la Lombardie ; je veux bien, en conséquence du sort des armes, céder mes droits à l’Empereur Napoléon, mais je ne puis reconnaître le vœu des populations, ni rien de semblable.
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