Maxime Du Camp,
Souvenirs d’un demi-siècle
“ « Je crois à l’effondrement de l’Allemagne. » Une tristesse profonde m’avait envahi et je ne pus m’empêcher de lui dire : « Et si c’était l’effondrement de la France ! » Il s’arrêta, me regarda avec des yeux irrités et, me posant la main sur l’épaule : « Vous n’aimez point votre pays, vous ne savez pas l’aimer : quand on l’aime, on le croit invincible ; invincible, il l’est, et c’est un crime d’en douter ; si vous l’aimiez comme je l’aime, vous seriez certain de son triomphe. La Prusse est perdue ; nous n’avons qu’à étendre le bras pour saisir Berlin. » ”
