Résumé

Portrait de Maxime Du Camp Maxime Du Camp Souvenirs d’un demi-siècle

« Je crois à l’effondrement de l’Allemagne. » Une tristesse profonde m’avait envahi et je ne pus m’empêcher de lui dire : « Et si c’était l’effondrement de la France ! » Il s’arrêta, me regarda avec des yeux irrités et, me posant la main sur l’épaule : « Vous n’aimez point votre pays, vous ne savez pas l’aimer : quand on l’aime, on le croit invincible ; invincible, il l’est, et c’est un crime d’en douter ; si vous l’aimiez comme je l’aime, vous seriez certain de son triomphe. La Prusse est perdue ; nous n’avons qu’à étendre le bras pour saisir Berlin. »
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L’événement fut la défaite de Mac-Mahon et l’invasion de la France. Les glaives qui s’agitaient dans les fourreaux devinrent subitement immobiles. À l’intérêt que notre cause avait pu inspirer succéda l’indifférence, peut-être même l’hostilité, et chaque peuple se railla de la nation devant laquelle l’Europe avait tremblé. Il devait en être ainsi, car la politique est chose humaine ; elle se prosterne devant les forts et crache sur les faibles. En telle matière, il n’y a ni droit, ni justice, ni grandeur d’âme ; il n’y a que la force.
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Quiconque, devançant l’avenir, eût dit que la France lui devrait la guerre, l’effondrement de l’Empire, la défaite et la Commune, eût été lapidé. L’opinion publique l’avait adopté, comme, peu de mois après, elle devait imposer le maréchal Bazaine à l’Empereur et porter le général Trochu jusque dans les nuages d’où il n’a jamais pu descendre.
Un fait, insignifiant en lui-même, éveilla la défiance de certains esprits sagaces, qui se demandèrent si le caractère d’Émile Ollivier était assez élevé pour se refuser aux compromissions et si sa politique serait soustraite à tout marchandage.
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