Pierre Corneille,
Nicomède
(1928)
“ Leur trahison est juste, et le Ciel l'autorise ; Quitte ta dignité comme tu l'as acquise, Rends un sang infidèle à l'infidélité, Et souffre des ingrats, après l'avoir été. Mais que mon jugement, au besoin m'abandonne ! Quelle fureur, Cinna, m'accuse et te pardonne, Toi dont la trahison me force à retenir Ce pouvoir souverain dont tu me veux punir, Me traite en criminel, et fait seule mon crime, Relève, pour l'abattre, un trône illégitime, Et, d'un zèle effronté couvrant son attentat, S'oppose, pour me perdre, au bonheur de l'Etat ? ”
