Résumé

Lucie Boissonnas Une famille pendant la guerre

C’est qu’il nous arrive un grand malheur, Marguerite : les Prussiens ont pris toute notre armée ; il n’y aura plus maintenant assez de soldats pour nous défendre !
— Est-ce qu’ils ont tué Maurice et André, les Prussiens ? fit Marguerite.
— Non, mon trésor. Grâce à Dieu, tes frères sont encore en sûreté ; mais ils ne le seront plus bien longtemps, vois-tu ; tout le monde va se battre. Ce n’est plus la guerre pour faire le mal maintenant, c’est la guerre pour empêcher le mal, c’est la guerre pour nous défendre...
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Lucie Boissonnas Une famille pendant la guerre

L’ordre, c’est le bien ; le mal n’est pas l’ordre. L’ordre dans la cruauté, dans le vol, l’ordre dans la haine, sont les plus effroyables désordres qu’œil humain ait jamais contemplés !
En attendant, Adolphe a payé. Bien lui prend d’être venu ici fourni d’argent pour les affaires de Roland. « Vous savez que c’est une infamie ? » a-t-il dit à l’officier qui préparait sa quittance ; celui-ci a eu un demi-sourire sous sa moustache en répondant : « Je connais votre proverbe français : Marchand qui perd ne peut rire. »
Adieu, chère sœur, j’ai le cœur navré, presque révolté, et c’est mal.
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Lucie Boissonnas Une famille pendant la guerre

Voilà qu’au contraire c’est l’heure du dévouement vrai et du réel sacrifice, l’heure de lutter pour l’honneur et non plus pour le succès, l’heure de souffrir pour le seul devoir. Ô mon pays ! je ne veux pas douter de toi ! c’est un grand naufrage que le nôtre et nul ne sait quelles épaves chacun pourra recueillir quand le calme se sera fait. Nul ne sait ce qui restera de Paris ou de la France le jour où, le dernier morceau de pain mangé, on subira l’ennemi. Mais si le succès ne dépend d’aucun homme, il est une portion de l’honneur du pays à la garde de chacun : que chacun lui soit fidèle !
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