Résumé

Eugène Muller Souvenirs d'un jeune franc-tireur… (18??)

Eh bien ! est-ce que les Français ne seront pas aussi braves contre les Prussiens que les Espagnols contre les Français? Est-ce qu'à défaut d'une armée pour les battre en bataille, ils ne sauront pas les lasser, les tuer un à un, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus? Est-ce que vous croyez que déjà il ne part pas de toutes les villes, de tous les villages des hommes décidés à travailler à cette brave besogne et des bras et du cœur, qui par troupes, qui par deux, par trois, par six ou huit, comme en Espagne? Point d'habits de soldat, mais un fusil, de la poudre et un moule à balles, ça suffit.
Source : Gallica

Eugène Muller Souvenirs d'un jeune franc-tireur… (18??)

Vous deviez arrêter cet homme, dit sèchement l'officier.
— L'arrêter! Et pourquoi? demanda naïvement M. Lebel.
— Parce que cet homme n'est autre qu'un de ces aventuriers qui nous font une guerre de sauvages, de pillards, d'assassins, qui combattent sans uniforme, sans discipline, et qui se sont mis d'eux-mêmes hors du droit des gens. La guerre entre nations civilisées a des lois qui doivent être respectées. Vos francs-tireurs sont autant de brigands, à qui nous sommes résolus de ne faire aucune grâce, quand ils tomberont entre nos mains.
Source : Gallica

Eugène Muller Souvenirs d'un jeune franc-tireur… (1872)

A soixante-dix-huit ans, il était encore vert, droit et robuste comme le plus fier de nos sapins ; un de ces hommes qui, ainsi que l'arbre auquel je le compare, semblent ne devoir être abattus que par la cognée. Hien qu'à le voir vivre, fort et content, on se sentait réchauffé dans le sang, dans le cœur. Son œil, vif comme un charbon, vous découvrait un nid d'écureuil à trois cents pas dans les branches; et, quand il prenait sa vieille carabine de Berne, c'était de bien plus loin encore qu'il en logeait la balle dans un pieu de la grosseur du bras.
Source : Gallica

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