Adolphe de La Rue

Résumé

Adolphe de La Rue Sous Paris pendant l'invasion… (1871)

On montait la garde dans les villages, à notre approche les gardes natinaux se sauvaient; on nous prenait pour des Prussiens ; c'était la nuit ; en plein jour on m'arrêta, je dus exhiber mes papiers cachés dans une poche de mon gilet de flanelle, je ne pouvais être qu'un espion, on en voyait partout, c'était la fièvre, la monomanie du moment. J'étais à cheval, armé, revêtu d'un costume que les délinquants du pays n'avaient vu que trop souvent; la stupidité et l'inintelligence de ces paysans avec leurs rouillardes, me faisaient pitié.
Source : Gallica

Adolphe de La Rue Sous Paris pendant l'invasion… (1871)

Je vais à Villeneuve-Saint-Georges que je trouve occupé par les Prussiens. Il est impossible de se faire une idée de l'état de ce malheureux village; il ne reste plus que deux ou trois habitants ; les portes,les fenêtres, les meubles, tout a été brisé, brûlé ; l'aspect de la gare est l'image la plus vraie de la désolation, ici le génie du mal a tout détruit. Je manifeste mon étonnement à un capitaine prussien, il m'assure qu'il était impossible de retenir les soldats qui entrent en fureur chaque fois qu'ils trouvent des maisons abandonnées.
Source : Gallica

Adolphe de La Rue Sous Paris pendant l'invasion… (1871)

Dans les escaliers, dans la cour de la mairie, partout ce ne sont que des militaires de tous grades, de toutes armes , de toutes les parties de l'Allemagne ; on n'entend que des bruits de sabre, puérile satisfaction que nos envahisseurs affectent de se donner. Les malentendus surgissent à tout instant et donnent lieu souvent à des explications animées, prêtes à dégénérer en querelles, en voies de fait; pour arranger les choses, c'est un va-et-vient continuel de l'hôtel de ville aux bureaux du commandant de place, qui juge souverainement et sans appel.
Source : Gallica

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