Résumé

Gustave Desjardins Tableau de la guerre des Allemands dans le département de Seine-et-Oise 1870-1871 (1873)

Les détachements qui couvrent la ligne de l'Eure sont des armées; nous nous attendons, à tout moment, à entendre le canon de la délivrance. On va jusqu'à dire que le général Trochu cerne le roi de Prusse, qui ne reste à Versailles que parce que le chemin de l'Allemagne lui est fermé. Nous sommes revenue à ces sombres jours du moyen-âge où la naïveté populaire accueillait les contes les plus fantastiques. On ne mène plus la vie moderne : à six heures, les magasins sont fermés et on ne s'aventure qu'en tremblant dans les rues presque sans lumière.
Source : Gallica

Gustave Desjardins Tableau de la guerre des Allemands dans le département de Seine-et-Oise 1870-1871 (1873)

Or, c'est faire le jeu de l'ennemi que de se livrer, sans intérêt pour l'honneur ou pour la défense, à la destruction de la richesse nationale. Quand le département de Seine-et-Oise aurait été entièrement ravagé, les Prussiens, qui disposaient d'une nombreuse cavalerie inutile à l'investissement et qui communiquaient librement avec leur pays, auraient trouvé ailleurs les ressources nécessaires. Le seul résultat eût été de faire des environs de la capitale une ruine et un désert, et de dépasser les limites que la haine des Prussiens n'a pu atteindre.
Source : Gallica

Gustave Desjardins Tableau de la guerre des Allemands dans le département de Seine-et-Oise 1870-1871 (1873)

Pour les héros de l'Allemagne moderne, comme pour leurs aïeux les reîtres du XVIe siècle, la guerre est une franche lippée. Il est si doux de vivre en liesse et en festins parmi les larmes et la misère des vaincus ! Blücher, entrant à SaintGermain, le 8 août 1815, requérait d'abord de la municipalité un dîner de 800 couverts. Le majordome, préparant à Versailles les logis de la cour du roi de Prusse, veut contraindre le maire à violer le domicile d'un absent qui a dans sa cave des vins dignes de la table de son maître. Partout le premier cri des officiers est : « Champagne ! Champagne ! »
Source : Gallica

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