Résumé

Louis Humbert L'invasion allemande dans l'arrondissement de Sens… (1904)

Les habitants de la campagne sont en grand nombre et la curiosité les attire du côté du poste prussien. Vers midi, des soldats veulent atteler un cheval à une voiture que des charretiers de la Champagne ont abandonnée pendant la nuit pour retourner dans leur pays. On se rassemble autour d'eux et, comme ils avaient affaire à un cheval vicieux, des plaisanteries se croisent en tous sens, au grand mécontentement des soldats. La foule allait toujours en grossissant, le cercle se rétrécissait; on se heurtait, et l'on entendit même quelques cris de : « A bas les Prussiens ! »
Source : Gallica

Louis Humbert L'invasion allemande dans l'arrondissement de Sens… (1904)

Les 30000 Prussiens composant le corps d'occupation sont massés dans le bois de Boulogne et dans les Champs-Elysées. Un cordon de troupes françaises et de garde nationale les entoure. Aucun curieux ne s'est trouvé sur le passage du cortège; le quartier occupé semble isolé dans une ville morte.
Les boutiques sont fermées, les drapeaux voilés, les femmes en deuil. Aucun journal n'a paru. Le temps est admirable; la foule qui parcourt les boulevards est triste, silencieuse, résignée.
Source : Gallica

Louis Humbert L'invasion allemande dans l'arrondissement de Sens… (1904)

Il faut reconnaître, du reste, qu'à ce moment où les fonds ne rentraient pas et où beaucoup de traitements n'étaient point payés, personne n'était réellement riche. Les ouvriers qui n'avaient plus de travail, et dont les économies étaient épuisées, recevaient, il est vrai, de la mairie, le pain et la viande destinés aux soldats ; mais il leur fallait encore acheter des légumes, le vin, l'éclairage, le bois de chauffage, etc. Dans certaines maisons, la misère et le dénuement étaient si grands que l'ennemi, ému de pitié, venait supplier
la mairie de vouloir bien lui assigner un autre logement.
Source : Gallica

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