J Michel, Chasse au Prussien : notes au jour le jour d'un franc-tireur de l'armée de la Loire (1872)
“ Ici, un pauvre soldat tué par une bombe brûle comme un fétu de paille. A côté, un cheval blessé à mort relève la tête et cherche son cavalier, son ami, en poussant des hennissements plaintifs. Plus loin, un officier de zouaves, presque étouffé par sa monture, respire encore et réclame la mort avec des cris déchirants. Moreau, notre cher Moreau, Rey, ce gai compagnon, sont là gisant la face contre terre. Besnard, ce charmant petit garçon, si doux, si facile, est là, lui aussi, la tête détachée du tronc, le sang s'échappe à flots d'un trou béant entre les deux épaules. ”
