Léonce Pingaud,
Les français en Russie et les russes en France…
(1886)
“ Un grand nombre de témoins ont décrit la retraite de Russie, chacun racontant des épisodes divers, et toujours avec succès, car les coeurs les plus rebelles à l'affection ou à la haine ne sont pas insensibles à la pitié. Or quoi de plus pitoyable que cette immense agglomération de soldats victorieux la veille, saisie par un ennemi invisible qui la presse jour et nuit, au bivouac où elle se croit à l'abri des balles et des lances, et qui va se traînant, dispersant ses trophées, ses armes, ses cadavres de Moscou à la frontière, jusqu'à devenir un troupeau affolé, sans âme et sans voix ? ”
