Résumé

C. Cailliate L’État social de la Russie depuis l’abolition du servage

Un malaise profond se fait sentir dans les classes inférieures ; elles aspirent à une révolution aussi bien dans l’état que dans l’église, car ces deux corps sont tellement enchevêtrés, qu’il est impossible de toucher à l’un sans ébranler l’autre : autocratie et orthodoxie, telle était la devise de Nicolas. Cette atmosphère étouffe, et chacun cherche à en sortir. Ceux-là rejettent le clergé, les images, l’hostie, baptisent par immersion ; d’autres se plongent dans les plus fantasques hypothèses. La police s’émeut, et arrête toutes les personnes qui lui sont suspectes.
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C. Cailliate L’État social de la Russie depuis l’abolition du servage

Pour toutes les branches de l’église orientale, arménienne, copte, grecque, et surtout russe, l’ascétisme est la forme la plus pure de la piété. Fuir le monde, vivre dans la retraite, se séparer de sa famille, se priver des jouissances domestiques, quelque pures qu’elles soient, renoncer aux avantages de la vie sociale, négliger son corps, laisser rouiller son intelligence, c’est donner les preuves de la plus grande foi.
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C. Cailliate L’État social de la Russie depuis l’abolition du servage

La police, humiliée de n’avoir point la clé de ce mystère, les chassa de chez eux à coups de fouet, les jeta en prison, et fit son rapport à l’autorité supérieure. Les moines avaient approuvé ; mais le gouverneur, passablement étonné de la nature du délit, les fit mettre en liberté, à la grande colère du clergé noir, qui l’accusa de favoriser l’hérésie. Le dévergondage des idées est si grand, que Moscou, ce centre intellectuel de la Russie, renferme une secte politico-religieuse qui fait de Napoléon Ier un dieu esclavon, un messie.
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