Résumé

L. Wolowski La Question du Servage en Russie…

La parole suprême avait retenti, et Alexandre II sut comprendre que l’intérêt de son empire, d’accord avec les inspirations de la justice et de la morale, réclamait l’abolition du servage.
Il ne suffit pas de donner à l’homme le précieux attribut moral de la liberté, il faut qu’il puisse en même temps acquérir, s’il est permis de s’exprimer ainsi, l’enveloppe matérielle dans laquelle le droit se réalise, la propriété, ce prolongement de l’homme dans la nature, ce complément nécessaire de son être. C’est par la propriété que l’idée de liberté prend corps et qu’elle pose le pied sur la terre.
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L. Wolowski La Question du Servage en Russie…

Dans l’état patriarcal, la servitude ne présentait pas un spectacle aussi désolant que celui dont nous sommes frappés aujourd’hui. Elle s’aggrave au contact du mouvement des sociétés modernes; fidèle reflet de l’enfance sociale, la condition des serfs ne s’accommode ni du déclin de la vieille noblesse, ni de la libre transmission des biens. Il faut à des hommes-plantes, qui croissent sur le terrain du seigneur, les liens d’affection et d’attachement transmis de génération en génération pour la famille de celui dont les ancêtres ont été les maîtres de leurs pères.
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L. Wolowski La Question du Servage en Russie…

La Russie va entrer dans une phase nouvelle de la civilisation; elle n’arriverait à rien de sérieux en faisant seulement table rase : si d’une main on détruit les abus, il importe que de l’autre on élève les garanties sans lesquelles il ne saurait y avoir ni liberté, ni propriété. La loi, dit Montesquieu, est le palladium de la propriété; si l’œuvre produite appartient à l’homme, parce que l’homme est maître de lui-même, un pouvoir tutélaire est nécessairement appelé à veiller à ce que chacun respecte ce qu’il doit aux autres, afin que les autres respectent ce qui est dû à chacun.
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