Fustel de Coulanges

Fustel de Coulanges

Résumé

Portrait de Fustel de Coulanges Fustel de Coulanges Revue des Deux Mondes

En vain l’esclave avait-il vu s’opérer la vindicte à son égard, en vain le magistral l’avait-il proclamé libre, citoyen romain, Quirite ; il n’était pas encore maître de soi. Homme libre vis-à-vis des autres hommes, homme libre vis-à-vis de la loi, il ne l’était pas tout à fait à l’égard de son ancien maître. Le droit romain voulait, en effet, que ce maître devînt pour lui un patron, et ce terme impliquait un certain genre d’autorité. L’affranchi était soumis et subordonné au patron un peu moins que l’esclave ne l’avait été au maître.
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Il est un lien, et notons que ce lien n’est pas entre un homme et un maître, mais entre un homme et une terre. Sans la terre, il n’y aurait pas de colon. Sans la terre, cet homme serait aussi libre que tout autre citoyen. — Le lien qu’il a contracté avec la terre est aussi bien à son avantage qu’à son détriment. Il ne doit pas quitter cette terre ; mais, en compensation, la jouissance de cette terre lui est assurée. Le propriétaire n’a pas plus le droit d’évincer un colon que celui-ci n’a le droit de laisser la terre.
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N’étant pas homme libre, il n’avait aucun recours contre le maître. Si ce maître lui reprenait son champ, il n’avait aucun moyen de lui résister. Esclave, il ne pouvait prétendre à aucun droit sur le sol. La terre qu’il occupait et cultivait, restait sans conteste la terre du maître. A sa mort, il est hors de doute que le maître la reprenait, comme il reprenait tout pécule. On sait bien que les enfans de l’esclave n’héritaient jamais de lui ; comment auraient-ils songé à hériter d’une terre qui n’était même pas à lui ?
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