Cens

Définition et enjeux

Joseph Declareuil,  Des Tenures roturières et des Tenures serviles au moyen-âge (1893)

“ Du reste, cette idée ne fut pas étrangère au Moyen-Age. Le cens équivaut à la reconnaissance de la seigneurie, c'est-à-dire de la souveraineté du seigneur sur le sol. La pratique de l'immunité avait contribué dans une certaine mesure à faire passer le droit au cens des mains du roi dans celles de riches particuliers. — Mais le cens pouvait avoir d'autres origines. Dans beaucoup de cas, il avait été usurpé. Bien des terres qui n'avaient rien payé pendant des siècles furent soumises au cens par le seul fait que celui qui l'exigeait était le plus fort. ”
Source : Gallica

Dictionnaire de Trévoux/6e édition…

“ Le cens est la marque de la seigneurie que le Seigneur s’est retenue, quand il a baillé à cens & rente une terre dépendante de son fief. ☞ Il est la véritable marque de la directe seigneurie sur les rotures, comme la foi & hommage, est le caractère de la directe sur les fiefs. Le cens est imprescriptible & non rachetable. Le cens emporte droits de lods & vente, & saisine d’amende en cas de vente. Il y a cens mort ou cens truant, qui ne porte aucun droit, dont il est parlé en la Coutume de Soêmes & d’Auvergne. ”
Source : Wikisource

Henri Beaune,  Introduction à l'étude historique du droit coutumier français jusqu'à la rédaction officielle des coutumes… (1880)

“ Comme nous l'avons vu, le cens est une redevance seigneuriale, mais une redevance qui frappe une terre essentiellement roturière. Si quelques coutumes reconnaissent des fiefs nobles et des fiefs roturiers ou ruraux (1) , on ne saurait rencontrer nulle part au moyenâge un domaine accensé qui possède le caractère de noblesse. Un gentilhomme pouvait sans doute détenir un héritage à cens, mais il ne lui communiquait pas sa qualité; bien mieux, il n'était lui-même, au regard du seigneur censier, qu'un simple censitaire, soumis aux mêmes charges que les autres. ”
Source : Gallica

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