Bail à cens

Définition et enjeux

G. d’Avenel Revue des Deux Mondes

Le serf censitaire, qui ne possède pas son propre corps, ne peut par là même posséder le sol qu’il cultive. Le cens était alors une redevance variable, susceptible d’augmentation, suivant le bon plaisir du seigneur, tandis que le bail à cens du paysan affranchi est une aliénation formelle.
Le bailleur, c’est-à-dire l’ancien propriétaire, a, selon la formule du temps, « livré, cessé, quitté, transporté et octroyé, à toujours et à perpétuité, au preneur et à ses successeurs, » la terre qui fait l’objet du contrat. Il « s’en est démis, dévêtu et dessaisi, et a vêtu et saisi le preneur ; »
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Portrait de Paul Viollet Paul Viollet Précis de l'histoire du droit français… (1886)

Ce contrat existe, en effet, c'est le bail à cens ou à rente : nous lui devons cette nouvelle figure juridique du tenancier-propriétaire.
Le bail à cens est continuel au moyen âge ; c'est un contrat envahissant et attractif : on lui assimile volontiers l'emphytéose; dans une foule de circonstances on en suppose l'existence et on imagine un bail à cens pour expliquer des relations traditionnelles dont on ignore la véritable origine. Nous voyons poindre le bail à cens dès le temps des Romains 1 : mais il se développe, il s'épanouit au moyen âge.
Source : Gallica

Portrait de Paul Viollet Paul Viollet Précis de l'histoire du droit français… (1886)

Exposé de la théorie du bail à cens distinct du bail à rente. — Le contrat de bail à cens est un contrat par lequel le propriétaire d'un héritage ou d'un autre droit immobilier l'aliène sous la réserve qu'il fait de la seigneurie directe et d'une redevance annuelle, qui doit lui être payée par le preneur ou ses successeurs en reconnaissance de ladite seigneurie.
Source : Gallica

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