G. d’Avenel

Résumé

G. d’Avenel Revue des Deux Mondes

HONORAIRES DES GENS DE LETTRES Les lettres, pour qui en est digne, ne sont pas un métier, mais la vocation impérieuse de manifester sa pensée, avec la jouissance de lui donner sa forme la plus parfaite. Qu’il soit poète ou philosophe, auteur dramatique ou historien, romancier ou érudit, qu’il chante, qu’il conte, qu’il dissèque des sentimens ou des faits, l’homme de lettres a cette volupté suprême de remuer des idées, de les créer, de les analyser, de les combattre, de les tuer ou de les ressusciter d’entre les mortes, de les parer et de les faire triompher dans le monde.
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La liberté religieuse ne serait ainsi que la liberté de n’avoir pas de religion ou plutôt la défense de pratiquer aucune religion.
Entre ces deux peuplades guerrières qui campent aux extrémités de l’opinion et demandent au pouvoir : l’une d’extirper les jésuites, l’autre d’exterminer les francs-maçons, les gouvernemens sont ballottés, tiraillés sans cesse, portés à favoriser ou à combattre ce qu’ils devraient se contenter d’ignorer. Aucun d’eux n’a l’audace d’appliquer ce régime de la pleine indépendance qui fonctionne avec un succès si éclatant aux États-Unis d’Amérique.
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Si les chefs-d’œuvre scéniques du passé ont beaucoup plus de lecteurs que d’auditeurs, s’ils sont plus imprimés que joués, c’est qu’on eux la « forme, » la « pièce de théâtre » est morte, et qu’il y demeure seulement les idées et le style qui remuent l’âme de tous les temps. C’est un vin qui ne pétille plus, qui ne grise plus, mais qui conserve son délicat arôme.
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