Georges d’Avenel

Georges d’Avenel

Résumé

Portrait de Georges d’Avenel Georges d’Avenel Revue des Deux Mondes

Le besoin général du travail a engendré le goût, puis l’habitude du travail. Il est là-bas plus âpre, plus intense ; qu’il soit ouvrier d’usine ou clerk de bureau, l’Américain se hâte, il court, il veut tirer de sa machine ou de lui-même le degré superlatif de rendement. Tout le monde en fait autant autour de lui et il fait comme tout le monde : l’usage du pays le veut ainsi. S’il est, comme dit le poète, deux routes dans la vie : la patience et l’ambition, l’une sereine et silencieuse, l’autre bruyante et agitée, la France suit doucement la première, l’Amérique se précipite dans la seconde.
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Naguère l’abus de l’autorité, l’organisation du silence, l’abdication systématique de la nation entre les mains d’un seul homme qui, après avoir assumé toutes les responsabilités, se trouva incapable d’en supporter le poids, développa, dans l’âme des générations précédentes, le désir d’un pouvoir que l’on ne devait jamais trouver trop mou, d’une vie publique qui ne semblerait jamais trop intense, d’un contrôle que l’on ne jugerait jamais assez minutieux.
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S’il est impossible de faire dans ces terres-là autre chose que du blé, ni d’augmenter jamais le rendement de l’hectare, il n’y a qu’un remède : c’est que les fermages baissent. C’est un malheur, nous y compatissons ; mais ce n’est pas un malheur unique dans l’histoire, ni dans le monde présent, que celui de gens dont le revenu se tarit tout à coup. Tant qu’il reste un sou de fermage par hectare, ce n’est pas du travail que le droit de douane protège, c’est du revenu ; et pour maintenir le revenu de quelques-uns on ne peut taxer à un prix arbitraire une marchandise telle que le blé.
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