Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine,
Trois contes russes
“ « Que diriez-vous, Excellence, s’écria-t-il joyeusement, si nous trouvions un moujik ? — Que voulez-vous dire ? Comment cela ? Un moujik ? — Eh bien, oui, tout simplement un moujik tel que sont d’ordinaire les moujiks. Sur l’heure il nous servirait des petits pains ; il prendrait pour nous des gélinottes et des poissons. — Hum !... un moujik... mais où le prendre, puisqu’il n’y en a pas ? — Comment, il n’y en a pas ? Du moujik il y en a partout, il s’agit seulement de parvenir à le dénicher. Pour sûr, il est caché quelque part pour éviter de travailler. » ”
