Léon Tolstoï

Léon Tolstoï

Résumé

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Le Prince Nekhlioudov

« L’étrange cercle vicieux », pensait Nekhlioudov, qui ne savait plus que conseiller au moujik.
— Et puis, il faut vous dire, Votre Excellence, que ce n’est pas le fumier seul qui fait pousser le blé... Tout vient de Dieu, continua Tchouricenok. — Ainsi, cet été, j’ai récolté dix meules de blé dans un champ non-fumé, tandis que je n’en ai retiré qu’une d’un autre champ où j’avais mis du fumier... Il n’y a que Dieu, poursuivit-il avec un soupir. De plus, nous sommes malheureux avec le bétail ; voilà six ans qu’il ne peut vivre.
Source : Wikisource

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Le Prince Nekhlioudov

C’était la mère de Davidka, une femme d’une cinquantaine d’années, encore fraîche et alerte, qui rentrait avec une pièce de toile sur l’épaule. Son visage, sillonné de rides, n’était pas régulier ; mais son nez ferme et droit, ses lèvres minces et serrées, ses yeux gris, très vifs, décelaient l’intelligence et l’énergie. Ses larges épaules anguleuses, sa poitrine plate, ses bras secs et nerveux et le développement des muscles de ses pieds noirs et nus témoignaient qu’elle avait depuis longtemps cessé d’être une femme pour n’être plus qu’un instrument de travail.
Source : Wikisource

Portrait de Léon Tolstoï Léon Tolstoï Le Prince Nekhlioudov

C’est lui qui l’a tuée, le vaurien ! s’écria-t-elle avec un violent désespoir en désignant son fils. — Je voudrais te demander quelque chose, Votre Excellence, reprit-elle après un court silence, en baissant les yeux et en saluant le barine.
— Quoi ? demanda Nekhlioudov distraitement, car il était encore ému du récit que venait de lui faire la vieille femme.
— Il est encore jeune, et moi, quel travail peut-on encore attendre de moi ? Je suis vivante aujourd’hui, mais je puis mourir demain. Il ne peut pas rester sans femme ; il ne serait pas un moujik. Songe donc à nous, notre père.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature