Adolphe Badin

Élements biographiques

Adolphe Badin Grottes et cavernes (1867)

Tout autre que l'intrépide jeune homme serait mort de peur. Sans rien perdre de son sang-froid, il se fit une sorte de crochet avec l'anneau de sa lanterne, en se servant de ses dents comme d'un outil, puis, plaçant le pied à l'extrémité d'une pierre suspendue au-dessus de l'abîme, il allongea le bras, atteignit la corde flottante dans l'espace et réussit à la ramener à lui ; il eut soin cette fois de la fixer solidement au rocher ; cette précaution prise, il continua son exploration comme s'il ne venait pas de courir le danger le plus effrayant.
Source : Gallica

Adolphe Badin Un Parisien chez les Russes (1883)

Plus de cahots, plus de secousses, mais une douce et glissante motion, pareille à celle d'un bateau sur l'eau calme d'un lac ; à peine sentez-vous l'effort des chevaux qui galopent joyeusement comme s'ils étaient totalement inconscients du traîneau qu'ils ont derrière eux. Non, vous ne pouvez pas vous imaginer la volupté toute particulière qu'on ressent alors à se sentir enlever de cette rapide allure sur une mer de neige : c'est une sensation exceptionnelle, typique, et je ne me consolerai jamais que vous ne l'ayez point éprouvée, au moins une fois, avant de partir.
Source : Gallica

Adolphe Badin Couloirs et coulisses (1884)

Ce qui me passe, c'est le mal que les gens se donnent pour faire croire aux autres, et pour se persuader à eux-mêmes, qu'ils sont écrasés sous le poids de sentiments qu'ils n'ont jamais été capables d'éprouver. Et les malheureux se figurent qu'il suffit de prendre des airs penchés, de rouler des yeux pâmés, et de se frapper la poitrine pour jouer la passion au naturel. Ils ne se doutent pas comme tout cela sonne faux à l'oreille ! Aussi, est-il infiniment moins dangereux qu'on ne croit de vivre dans cette atmosphère de passion et de fièvre, comme on appelle la vie des femmes du théâtre.
Source : Gallica

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