Adolphe Badin, Couloirs et coulisses (1884)
“ C'est le fils du père Certain, un vieux pêcheur de Beuzeval. Je l'ai attaché à ma personne, ou plutôt c'est lui qui s'y est attaché de lui-même. Toutes les après-midi, à l'heure de la mer haute, il vient me chercher et me fait faire une longue promenade dans le bateau de son père. Il n'y a rien que j'adore comme de me laisser bercer par le flot, quand il y a un peu de vent. Je m'étends sur le dos au fond du bateau, et, là, les yeux perdus dans les nuages, à mille lieues de Paris, du boulevard et de mon théâtre, je me laisse glisser tranquillement entre le ciel et l'eau. ”
