Marie Garcia

Résumé

Marie Garcia La confession d'Antonine (1864)

Elle s'appelle Antonine, elle a de grands yeux bleus demi-voilés par des cils noirs, ce qui lui donne dans sa pâleur une expression étrange. Je ne sais rien de plus triste que son sourire, et pourtant elle a de si belles dents ! mais la vie abandonne ses lèvres qui sont tour à tour blanches et noires. Elle passe toutes ses matinées sous un tilleul du jardin anglais : elle y vient avec sa mère ou avec sa femme de chambre, elle ne parle presque jamais, elle apporte un livre, je ne sais lequel, mais qu'importe ! car le vrai livre qu'elle lit, c'est son coeur
Source : Gallica

Marie Garcia La confession d'Antonine (1864)

Vous étiez bien moins destinée à jouer les princesses de théâtre que les princesses véritables. Jamais vous n'imiteriez le charme, la noblesse, la grandeur, puisque vous les possédiez déjà, et qu'au théâtre il faut imiter, se donner ce qu'on n'a pas. C'est par cet emprunt, par cette imitation, qu'on vaut quelque chose. Dans tout acteur il y a un singe perfectionné, dans toute actrice une nature torse, vicieuse, vaincue au profit d'une nature redressée et triomphante.
Source : Gallica

Marie Garcia La confession d'Antonine (1864)

D'ANTONINE I
Bordeaux, ce 10 juillet 1860.
C'EST fini ! cent lieues me séparent de toi. Je suis partie avec la mort dans le coeur; qui sait si je ne reviendrai pas morte tout à fait ! Après tout, c'est un dénoûment, et il y a trois ans que nous en cherchons un. Être séparés par la mort, c'est peut-être vivre de plus près que d'être séparés dans la vie.
Source : Gallica

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