Gervais Jastram

Juvenilia (1928)

Résumé

Gervais Jastram Juvenilia (1928)

Si tu voyais le coeur bien-aimé de ta belle !
Ce soir, l'orage gronde et ton idole a peur ;
Où sont tes chants divins qui chassent la douleur ? Qu'est devenue, hélas ! ta lyre harmonieuse ? Ses accords rendent-ils ton âme plus heureuse ?
Le zéphir vient-il donc caresser tes cheveux ? Sont-ils toujours flétris tes adorables yeux ?...
Pour moi, mon ciel est noir ; je ne vois plus l'étoile, Et mon être est couvert d'un funéraire voile, Et malgré mes sanglots, mes prières, mes cris Nulle âme n'a pitié de mes affreux soucis.
Source : Gallica

Gervais Jastram Juvenilia (1928)

Etendons-nous sur l'herbe, ô ma gentille brune ! Car l'instant est exquis et l'heure est opportune ; L'essence de ces fleurs qui vient nous embaumer, La brise, le ruisseau, tout commande d'aimer !
Regarde les grands pins, comme leur front se dresse ! Le rossignol les charme et le vent les caresse ;
Dans ce site riant tout s'unit pour charmer,
Même l'écho des bois semble dire d'aimer !
Petite, le zéphir caresse bien la branche Et mon âme, vois-tu, vers ton âme se penche ; D'ineffables bonheurs nos coeurs vont se pâmer Car la nuit est sereine et conseille d'aimer !
Source : Gallica

Gervais Jastram Juvenilia (1928)

Tu sais bien me charmer par les chants de ta lyre, Tu chasses la tristesse et tes accents inspirent,
Mais tu n'es pas la soeur qu'étreindraient mes deux bras Cette soeur est bien loin et souffre aussi, là-bas.
LA MUSE
Poète, que dis-tu ? Poète, tu m'étonnes !
Je pensais que j'étais seule ta soeur mignonne ; Je pensais que ton âme était à moi toujours,
Que tu m'avais donné ta vie et tes amours ;
Que j'étais ton amante adorée, ô poète !
Qui seule, aux sombres jours où passe la tempête Te protège contre les vents impétueux Et sèche chaque pleur qui coule de tes yeux.
Source : Gallica

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