Félix Mayrargue

Résumé

Félix Mayrargue Souvenirs de jeunesse : poésies (1896)

Oh ! non de telles amours n'ont rien de ceux des femmes ! Et j'ai trop de respect pour vouloir les ternir, Ces sentiments exquis qu'on ne peut définir Sont l'éternel reflet de nos coeurs sur leurs âmes!
L'âge les sanctionne et les cheveux blanchis Mettent la pureté dans ce qui semble étrange, C'est la lueur des temps où se place et se range Le souvenir d'amours à nouveau réfléchis.
Et cela vous rappelle une eau limpide et claire, Dont le goût de la source est encore conservé, C'est le bonheur goûté, c'est le bonheur rêvé, C'est l'amour de la femme et l'amour de la mère !
Source : Gallica

Félix Mayrargue Souvenirs de jeunesse : poésies (1896)

Pour sa fille, au contraire, elle est juste et sévère, L'enfant dont tous les jours s'embellissent les traits, Semble en laissant percer quelques nouveaux attraits, Rider le front jaloux de la coquette mère !
Mais que, sur son épaule, un grand fils, un enfant, Pose sa jeune tête et vienne lui sourire, Et son coeur désormais ne saura plus rien dire, Tant ce regard d'amour en elle est triomphant !
Oui, c'est le préféré, ce beau garçon qu'elle aime, Son allure de mâle a des airs conquérants, Et ses yeux, ses grands yeux, semblent si transparents Qu'on y pourrait dedans puiser l'amour lui-même !
Source : Gallica

Félix Mayrargue Souvenirs de jeunesse : poésies (1896)

Mignonnes, le printemps dit d'aimer ; c'est le soir, Nul ne peut nous surprendre; à travers les fenêtres, La Tour des Sarrazins, vestige des ancêtres, Au milieu d'un rayon pourrait seule nous voir.
Mais n'en ayez pas peur, aimons-nous, car la brise Ne dévoile aucun bruit à ce monde dormant, Car tout reste muet, aussi discrètement Qu'au sommet du rocher cette petite église.
Aimons-nous, aimons-nous, et nous tenant blottis Dans ces lits de duvet où notre coeur flamboie, Laissons vibrer l'amour, la jeunesse et la joie, Car demain, mes enfants, nous serons tous partis.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature