Roland Brévannes

Résumé

Roland Brévannes Les Ailes de la chimère (1924)

L'amour n'est pas l'émoi de la vingtième année, Il n'est pas le désir qui fait battre le coeur ; Ce n'est pas un rayon qui jaillit, une fleur Qui s'ouvre le matin et le soir est fanée, L'impérieux frisson des grandes voluptés ;
Ce n'est pas une idylle aux couplets enchantés Quand la lune filtrant par les branches tordues Allonge sur le sol deux ombres confondues.
Jeune homme, ce n'est pas l'irrésistible appel D'un regard qui se trouble et d'une lèvre offerte ; Ce n'est pas seulement une porte entr'ouverte Sur le fond de l'enfer ou sur un coin du ciel
Source : Gallica

Roland Brévannes Les Ailes de la chimère (1924)

L'éclat de ta forme neigeuse Ou bien pour ta gorge orgueilleuse Que Cupidon voudrait baiser ? Mais, puisque la foudre immortelle Sur toi ne vint pas s'écraser,
C'est que ta pierre fut rebelle Aux doigts qui voulaient imposer Le rêve d'un ardent génie ; L'artiste, son oeuvre finie,
Troublé par ta divinité,
Ne put allumer l'étincelle Qui t'aurait pour l'éternité Donné la suprême beauté.
Il brisa le marbre infidèle ;
Car la nature humaine est telle : L'homme fabrique en son cerveau L'idéal qu'il Voudrait atteindre Et détruit le rêve trop beau, Qu'imparfait, il ne peut étreindre.
Source : Gallica

Roland Brévannes Les Ailes de la chimère (1924)

Croisa-t-il donc le fer avec quelque rival Pour les yeux d'Estrella dans un combat loyal, Echangeant de grands coups aux clartés de la lune ? Ou bien fallait-il croire à la sourde rancune De cette Sévillane aimant les beaux soldats Qui se sentait conquise et ne le prenait pas ?
Pour la première fois était vain son prestige ;
Elle eut peut-être peur de l'amoureux vertige Où s'affolaient son coeur et ses sens indomptés, Ou voulut à jamais tarir ces voluptés Pour que l'amant ne pût verser à quelque femme Cette rage d'amour qui dévorait son âme.
Source : Gallica

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