Eddy Lévis

Résumé

Eddy Lévis Flèches perdues (1898)

L'Univers est un tout et l'Homme est au milieu; Dieu seul est au-dessus, à ses pieds sont les aigles. Hommes, il vous sema, tel vous semez les seigles, Les avoines; les blés, et vous n'êtes, humain, Qu'une graine tombée au hasard de sa main. Votre mission, c'est de germer et de croître!
L'HOMME La vérité, Fortune, est-elle au fond du cloître, Dans la resplendissante et morte volupté De contemplation? N'est-il d'autre clarté Pour l'esprit, qu'un rayon vacillant de l'étoile? Faut-il courber le front et respecter ce voile Qui couvre l'avenir?
Source : Gallica

Eddy Lévis Flèches perdues (1898)

Elaine, le ciel bleu, quand la nuit se retire, N'offre rien d'aussi doux pour les regards épris, Que l'extase d'amour dont mon coeur fut surpris Lorsqu'il put entrevoir la fleur de ton sourire !
Non, jamais rêve d'art dans le cerveau qui songe, Ni jamais yeux ouverts n'eurent cet azur-là ; Non, jamais soleil même autant ne me brûla : Vous êtes rêve, Elaine, et n'êtes pas mensonge !
Source : Gallica

Eddy Lévis Flèches perdues (1898)

Au fond, pour tous les hommes, être Ce n'est pas raisonner, ni vouloir : c'est subir, C'est lutter pour tomber; ce qu'il faut c'est mourir, Non parce qu'on est vieux et que la trame est vive, Non parce qu'on fut sage, et que la mort arrive, Comme elle arrive pour la matière et pour tout, Mais c'est mourir enfin, parce qu'on est à bout De souffrir et d'aimer, de jouir de la force Mystérieuse qui brûle sous notre écorce. Le coeur est comme un fruit sous le soleil ardent, Sa chair est attirante et demande la dent, Son jus doit déborder, savoureux, sur des lèvres !
Source : Gallica

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