Charles van Lerberghe,
La Chanson d’Ève
“ Éteint ses fleurs, éteint ses pieds blancs, Monte, grandit, l’envahit toute. Est-ce déjà le soir ? Elle écoute. Non, ce n’est pas le reflet de la nuit. Dans le ciel, pas un glissement d’ailes, Sur terre, pas un bruit. Et pourtant, il semble, une voix appelle... Et des mains s’ouvrent dans l’air qui tremble. Mais doucement elle se dit : « Il est divin, qui vient ainsi Comme le souffle où se cache l’arôme, Comme la fleur où se cache le fruit. » Elle sourit, et songe encore : « Comme la douce et profonde nuit... » Une voix appelle, une bouche approche. ”
