Résumé

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Chemin perdu ; La fée des pleurs… (1863)

De loin, elle pressent la région des pleurs, Le plus obscur réduit, la plus humble soupente ; Sœur des liserons blancs dont la vrille grimpante Dans un œil de lucarne épanouit ses fleurs.
Le inonde la croit veuve. — Il est des âmes fortes, Gardant le souvenir d'un grand bonheur défunt, Comme un chêne , l'hiver, garde ses feuilles mortes, Et le rameau d'un cèdre abattu, son parfum.
L'amour a pris en elle un divin caractère , Comme un grain d'encens pur embaumé par le feu : Sur les êtres créés à l'image de Dieu, Il répand les trésors de son cœur solitaire.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Chemin perdu ; La fée des pleurs… (1863)

Et de son cœur déborde un flot de larmes saintes.
Son enfant la regarde et ne la comprend pas ;
Mais un sublime instinct lui dit qu'il faut se taire.
Dans ces pleurs convulsifs, dans ces baisers de feu,
Elle a senti passer quelque chose de Dieu,
Et, sans le pénétrer, devine un grand mystère.
Comme on voit lentement se relever les fleurs A-près l'orage, ainsi la femme se relève : « Enfant, pardonne-moi ; je sors d'un mauvais rêve, » Répond-elle tout bas, souriant dans ses pleurs.
Une divine paix rassérène son âme.
Le sacrifice est fait ; le grand combat fini.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Chemin perdu ; La fée des pleurs… (1863)

Interrogeant des yeux mer et ciel tristement, Son chapelet en main, elle ira sur la plage.
En faisant pour les morts le signe de la croix, Elle reconnaîtra les restes d'un naufrage ; De longs débris parlant des marins d'un autre âge, Et racontant les pleurs des veuves d'autrefois.
Puis elle apercevra, sous la frange des lames, Ton médaillon béni le jour de votre adieu.
Sa belle âme aussitôt s'en ira droit à Dieu, Qui, pour l'éternité, fiança vos deux âmes.
Source : Gallica

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