Résumé

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Chemin perdu ; Ecce homo ; Renoncement… (1862)

Le froid soleil du Nord qui regarde ces plages Y retrouve parfois, à l'heure des jusants, Dans le sable engravés, pêle-mêle gisants, Des tronçons de vieux mâts, restes d'anciens naufrages, De Inngs clous de vaisseau tout rongés par les âges, Des crânes de marins morts depuis cinq cents ans.
Il est de pauvres cœurs, dans le désert du monde, Condamnés à vieillir sans jamais être aimés.
Le monde n'y voit rien : ces cœurs-là sont fermés.
Dieu seul peut les connaître; et, quand son œil les sonde, Il n'aperçoit au fond que stériles débris : Et les rêves déçus. et les espoirs flétris.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Chemin perdu ; Ecce homo ; Renoncement… (1862)

Il chercha le soleil. Sa lumière amortie Pour le poëte en deuil n'eut pas un rayon d'or ; Le globe descendait ainsi qu'un astre mort, -- Froid comme un clair de lune et blanc comme une hostie.
Un timbre sourd frappa l'heure où le jour s'éteint, Comme pour assombrir ses mornes rêveries.
Ce n'était pas la voix des claires sonneries Dont la joie éclatait sous le ciel florentin.
Source : Gallica

Portrait de André Lemoyne André Lemoyne Chemin perdu ; Ecce homo ; Renoncement… (1862)

Là, de sa voix d'argent, tinte une cloche ancienne Qu'on entend sur la mer quand sonne l'Angélus; C'est un bourg de pêcheurs près de Saint-Jean-de-Luz.
Dans ses pauvres maisons ne vois-tu pas la mienne?
Chère étoile si haute et regardant si loin, Au bas des grands rochers tu dois la reconnaître.
L'ÉTOILE.
Je la vois. je vois même, à travers sa fenêtre, La petite clarté d'une lampe qui point.
Une femme, en rêvant, file sa quenouillée Près d'un garçon qui dort, mais d'un sommeil d'oiseau, Elle quitte parfois sa laine et son fuseau, Et sur le bel enfant se penche émerveillée.
Source : Gallica

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