capitaine d’Urville

Résumé

capitaine d’Urville Revue des Deux Mondes

Il était grand temps sans doute de nous échapper de Vanikoro. Déjà la fièvre avait mis quarante-cinq personnes hors de service ; quelques jours de plus, toute manœuvre nous devenait impossible. La veille même de notre départ, à la suite d’un mouvement que je voulus faire, la corvette se trouva entraînée à peu de distance des brisans ; faute de bras je fus obligé de rester toute la nuit dans cette position, et d’attendre que le vent eût changé.
Notre extrême faiblesse avait en outre enhardi les sauvages à un tel point, qu’ils conçurent l’audacieux projet de nous enlever.
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Une chaîne immense de brisans l’entoure de toutes parts, et s’étend régulièrement à plus d’une lieue de la côte. Cette formidable barrière menace d’un naufrage inévitable le téméraire navire qui tenterait de s’en approcher : ce n’est qu’après un long examen qu’on peut y reconnaître quelques issues dont l’accès est encore accompagné des plus grands périls.
Néanmoins, impatiens de franchir ce funeste obstacle, nous cherchâmes attentivement s’il ne nous serait pas possible de pénétrer au dedans des récifs par quelque passe moins dangereuse que celle de l’est, la seule qui nous parût accessible.
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Un jour, et ce jour n’est peut-être pas éloigné, un hasard heureux, semblable à celui qui s’offrit à Dillon, nous fera connaître le théâtre de ce dernier désastre ; mais le malheur veut que ces parages soient occupés par des peuples presqu’aussi sauvages que ceux de Vanikoro, aussi peu susceptibles qu’eux de compâtir aux maux et de respecter la vie des infortunés que le naufrage jette entre leurs mains.
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