Résumé

Auguste Baron Naufrage de la Méduse ; [Échouage de l'Astrolabe… (1869)

D'ordinaire, dans un naufrage, une chose rend le courage et l'espérance à tout ce qui vit et se meut dans les flancs du navire : c'est la voix mâle et sonore, c'est l'énerpique commandement, c'est la fière attitude de cehi qui préside aux destinées du bâtiment. Tous les yeux se fixent sur lui, et si sa physionomie exprime la confiance, la confiance renaît dans toutes les poitrines. Mais sur la Méduse, qu'attendre en fait de salut d'un homme qui a conduit à la ruine sans la voir et sans consentir à se laisser éclairer sur ses erreurs ?
Source : Gallica

Auguste Baron Naufrage de la Méduse ; [Échouage de l'Astrolabe… (1869)

En effet, c'était un navire qui se montrait à l'horizon.
La joie de tous fut extrême. Mais, ô fatalité 1 le radeau n'a pas d'élévation et ne pourra être vu en pleine mer. En effet, hélas ! les naufragés ont beau agiter leurs mouchoirs, les lambeaux de leurs vêtements, et pousser autant de cris que leur permettent leurs forces, afin d'attirer l'attention des navigateurs, peine inutile ! le navire s'éloigne et bientôt est hors de vue.
L'espérance avait un instant ranimé le courage de nos infortunés; mais cette fois leur désespoir est au comble.
Ils se croient perdus pour jamais !
Source : Gallica

Auguste Baron Naufrage de la Méduse ; [Échouage de l'Astrolabe… (1869)

De sorte que, après mille essais infructueux, mille peines, mille angoisses, mille espérances déçues, la fatigue, l'épuisement de l'équipage l'oblige au repos et le condamne à l'inaction.
Quelle triste nuit que celle qui suit un naufrage, alors que l'on ne sent plus les oscillations du navire ; alors que ce navire ressemble à un cadavre dans lequel la vie s'est éteinte ; alors
qu'on entend la vague qui déferle d'une façon lugubre contre ses hanches et l'eau qui s'engouffre peu à peu dans ses profondeurs
Source : Gallica

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