Victor Segalen,
Les Immémoriaux
“ Il franchit le récif par la passe appelée Ava-iti. La pirogue aussitôt tangua sous les premières poussées de la houle, et le souffle du maraámu — le vent inlassable qui pousse vers le soleil tombant — gonfla brusquement la natte pendue au mât dans son cadre de bambou. La coque bondit. Térii la guidait à coups brefs de sa pagaie qui tranchait l’eau tout à l’arrière comme une queue d’atua-requin. Parfois, lorsque la brise, ayant ricoché au flanc des montagnes, accourait du travers, le pahi se couchait sur la gauche et le balancier, ruisselant dans l’air, vacillait, tout prêt à chavirer. ”
