Résumé

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Travailleurs de la mer

Sur toute cette périlleuse mer de la Manche, qui est la mer Égée de l’occident, le rocher Douvres n’a d’égal en terreur que l’écueil Pater-Noster entre Guernesey et Serk.
Et encore, de Pater-Noster on peut faire un signal ; une détresse là peut être secourue. On voit au nord la pointe Dicard, ou d’Icare, et au sud Gros-Nez. Du rocher Douvres, on ne voit rien.
La rafale, l’eau, la nuée, l’illimité, l’inhabité. Nul ne passe aux rochers Douvres qu’égaré. Les granits sont d’une stature brutale et hideuse. Partout l’escarpement. L’inhospitalité sévère de l’abîme.
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Travailleurs de la mer (1876)

Toucher avec la pensée, c'est presque toucher avec la main. L'amour était pour Gilliatt comme le miel pour l'ours, le rêve exquis et délicat. Il pensait confusément. Il ne savait ce qu'il avait. Le rossignol chantait. Il se sentait expirer.
Se lever, franchir le mur, s'approcher, dire c'est moi, parler à Déruchette, cette idée ne lui venait pas. Si elle lui fût venue, il se fût enfui. Si quelque chose de semblable à une pensée parvenait à poindre dans son esprit, c'était ceci, que Déruchette était là, qu'il n'y avait besoin de rien de plus, et que l'éternité commençait.
Source : Gallica

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Les Travailleurs de la mer

Cette roche, sorte de Pyramide, ressemblait, quoique moins élevée, au pinacle de Jersey. À marée haute, le flot la séparait de la banque, et la Corne était isolée. À marée basse, on y arrivait par un isthme de roches praticables. La curiosité de ce rocher, c’était, du côté de la mer, une sorte de chaise naturelle creusée par la vague et polie par la pluie. Cette chaise était traître. On y était insensiblement amené par la beauté de la vue ; on s’y arrêtait « pour l’amour du prospect », comme on dit à Guernesey ; quelque chose vous retenait ; il y a un charme dans les grands horizons.
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