Résumé

Edmond Hugues Alexandre Corréard, de Serres, naufragé de la Méduse

Le jour fut beau et la tranquillité la plus parfaite régna sur notre radeau. Le soir vint et les embarcations ne parurent point. Le découragement recommença à s’emparer de tous nos hommes et, dès lors, l’esprit séditieux se manifesta par des cris de rage ; la voix des chefs fut entièrement méconnue. La nuit survenue, le ciel se couvrit de nuages épais. Le vent, qui, toute la journée, avait soufflé avec assez de violence, se déchaîna et souleva la mer, qui, dans un instant, fut extrêmement grosse. La nuit précédente avait été affreuse
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Edmond Hugues Alexandre Corréard, de Serres, naufragé de la Méduse

Ceux qui survivaient étaient dans l’état le plus déplorable. L’eau de la mer avait enlevé l’épiderme de nos extrémités inférieures ; nous étions couverts de contusions et de blessures, qui, irritées par l’eau lorsqu’une vague balayait parfois le radeau, nous arrachaient des cris effroyables, de sorte que, vingt tout au plus d’entre nous, étaient capables de se tenir debout et de marcher. Nous n’avions plus de vin que pour quatre jours et il nous restait à peine une douzaine de poissons......
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Edmond Hugues Alexandre Corréard, de Serres, naufragé de la Méduse

L’habitude de voir la mort prête à fondre sur nous, le désespoir, la certitude de notre perte infaillible sans ce fatal expédient, tout, en un mot, avait endurci nos cœurs devenus insensibles à tout autre sentiment que celui de notre conservation. Trois matelots et un soldat se chargèrent de cette cruelle exécution. Nous détournâmes les yeux et nous versâmes des larmes sur le sort de ces infortunés.
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