Résumé

Alexandre Corréard Naufrage de la frégate La Méduse

L’Afrique enfin, telle qu’on l’a vue, soit sur les rives du Sénégal, soit dans la presqu’île du cap Vert, est un pays neuf qui promet au naturaliste une ample moisson de découvertes, et au philosophe observateur de l’homme un vaste champ de remarques et d’observations. Puisse l’abominable traite des hommes que les noirs abhorent, et que les Maures désirent, cesser de souiller ces rivages ! c’est là le seul moyen qui reste aux Européens de connaître l’intérieur de ce continent, et de faire participer cette grande portion de la famille humaine qui l’habite, aux bienfaits de la civilisation.
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Alexandre Corréard Naufrage de la frégate La Méduse

On abandonne tout moyen de sauver la frégate, pour ne plus songer qu’au salut des hommes : et en effet, elle creva au milieu de la nuit ; sa quille se brisa en deux parties ; le gouvernail se démonta et ne tint plus à l’arrière que par ses chaînes ou drosses, ce qui lui fit faire un ravage épouvantable. Il produisit l’effet d’un fort bélier horizontal, qui, ébranlé avec violence par la vague, frappait à coups redoublés dans la poupe du navire : aussi tout le derrière du parquet de la chambre du commandant fut-il soulevé ; l’eau entrait d’une manière effrayante.
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Alexandre Corréard Naufrage de la frégate La Méduse

Il était temps : toute chaloupe, dans la même circonstance, se serait perdue. Cette nuit, si longue et si affreuse, fit enfin place au jour. Nous nous trouvâmes, au point du jour, en vue de terre. La mer se calma un peu : l’espoir revint dans l’âme des matelots abattus. Presque tout le monde demande à aller à terre. L’officier, malgré lui, cède à leurs vœux. Nous approchons des côtes, et nous jetons une petite ancre, afin de ne pas échouer. On file la corde, et nous sommes assez heureux pour venir près de terre, à deux pieds d’eau seulement.
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