Résumé

Jean-Louis-Hubert-Simon Deperthes Histoire des naufrages, ou recueil des relations les plus intéressantes des naufrages… (1818)

On sonde les pompes ; on trouve cinq pieds d'eau dans la cale. On met les pompes en mouvement; on ne peut franchir la voie d'eau. Les côtés du vaisseau, surchargés du poids des canons, semblent prêts de s'entrouvrir; on jette l'artillerie à la mer. Le bâtiment est un peu allégé ; mais la fureur des vagues le couvre sans cesse d'un déluge d'eau. Les éclairs sillonnent les nues; le désespoir commence à s'emparer de l'équipage. On découvre sous le vent les rochers de Falconera à neuf milles de distance ; on craint d'être brisé sur ces écueils, et d'y périr sans ressource.
Source : Gallica

Jean-Louis-Hubert-Simon Deperthes Histoire des naufrages, ou recueil des relations les plus intéressantes des naufrages… (1818)

Nous cherchâmes aussi à nous désaltérer, en buvant de l'eau de la mer : ce moyen ne diminuait la soif que pour la rendre plus vive le moment d'après.
Trois jours se passèrent ainsi dans des angoisses inexprimables; nous méprisions tellement la vie, que plusieurs d'entre nous ne craignirent pas de se baigner à la vue des requins qui entouraient notre radeau. Nous étions convaincus qu'il ne restait dans notre barrique que douze ou quinze bouteilles de vin ; nous commencions à éprouver un dégoût invincible pour les chairs qui nous avaient nourris jusque-là.
Source : Gallica

Jean-Louis-Hubert-Simon Deperthes Histoire des naufrages, ou recueil des relations les plus intéressantes des naufrages… (1818)

Dans ce moment on voit une troupe de marsouins; ils venaient du sud, et se dirigeaient vers le nord : l'apparition de ces animaux est regardée comme un indice certain de gros temps.
Le vaisseau est emporté hors de sa route; le vent souffle du sud-ouest avec une impétuosité redoublée. On serre les huniers ; on amène les vergues de perroquet : la mer brise avec furie sur le bâtiment. Il n'y a plus d'espoir de voir le temps se radoucir; au coucher du soleil, tout fait pressentir que la nuit sera terrible.
Source : Gallica

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