Joseph Conrad,
Le Nègre du Narcisse
“ La tempête en prenait la moitié avant qu’elle touchât les lèvres du maître. Il buvait le reste, gravement, d’un seul trait lent, tandis que l’écume lourde cinglait bruyamment la toile cirée de son manteau et que le ressac des vagues s’enflait autour de ses hautes bottes ; et jamais ses yeux ne quittaient son navire. Il en épiait chaque geste, l’œil d’un amant ne reste pas plus ardemment rivé sur le sacrifice et la tâche d’une femme, vie délicate et soumise, où tient pour lui tout le sens et toute la joie du monde. Nous aussi, tous, nous l’observions, notre navire. ”
