Résumé

Léopold Favre Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l'Aunis (1867)

C'était un idiome importé du midi et employé seulement, comme nous le démontrerons, par les classes élevées ou lettrées, qui, avant de se fixer en Poitou, avaient habité l'Aquitaine. Le langage poitevin n'a point formé les langues italienne et espagnole. Il ne peut avoir cette prétention ; mais il a puisé son origine à une source commune à ces deux langues.
Le fond principal du patois de notre province, c'est le roman. La langue romane est un mélange du celte et du latin. Les dialectes celtiques y dominent. Le latin y a fait invasion, sans en opérer cependant la conquête.
Source : Gallica

Léopold Favre Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l'Aunis (1867)

Au XVIIe siècle, la controverse religieuse trouva dans l'emploi du même patois un moyen de pénétrer au fond des masses populaires. La fable, le fabliau, l'églogue, la chanson, les cantiques et noëls, la satire, la comédie, empruntèrent parfois aux formes pittoresques de ce parler vulgaire un certain relief. De nos jours même, quelques hommes d'esprit cultivent encore ce genre d'archaïsme, qui prête à leurs écrits le charme de la naïveté sans leur ôter le piquant de l'ironie.
Source : Gallica

Léopold Favre Glossaire du Poitou, de la Saintonge et de l'Aunis (1867)

Les nombreuses citations que nous venons de faire prouvent qu'au moyen-âge les langues d'oil et d'oc étaient parlées simultanément en Poitou. La langue d'oc était la langue de la cour, des seigneurs et des poëtes. La langue d'oil était celle des légistes, des hommes d'affaires. Il y avait encore une troisième langue, c'était celle du peuple : le patois.
Nous savons que les poésies de Guillaume IX, comte de Poitiers, le premier des troubadours dont l'histoire fasse mention, sont en romano-provençal. Les poésies du Poitevin Savary de Mauléon sont composées dans le même idiome.
Source : Gallica

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