Résumé

Prosper Levot Récits de naufrages, incendies… (1867)

A chaque instant, on s'attend à voir la frégate sombrer sous la masse énorme d'eau qui l'envahit de toutes parts. Les cris de détresse des passagers, les craquements du navire, les hurlements du vent, tout concourt à rendre la position des plus critiques.
Le vent diminua pendant la nuit. Mais le 14, à Sh du matin, un cri répété à l'instant
par mille voix, s'élève des profondeurs de la frégate : nous coulons! nous coulons! Tout le monde se précipite sur le pont, sur les batteries, chacun veut disputer à la mort un reste d'existence que la mer va engloutir à jamais.
Source : Gallica

Prosper Levot Récits de naufrages, incendies… (1867)

Figure-toi, écrivait le 17 septembre, le capitaine Renaud à sa sœur Mme Dejoie, figuretoi une grappe de raisin dont chaque grain serait un être vivant, le pied fixé à une position élevée au-dessus de l'eau ; le point d'appui manque, et tout tombe à la fois. Eh bien ! trente ou quarante malheureux sont suspendus à la même corde, fixée sur la lisse du navire ; le feu impitoyable la brûle, et ces quarante individus, ne formant qu'un seul bloc, tombent dans l'Océan pour ne revenir à la surface que cadavres.
Source : Gallica

Prosper Levot Récits de naufrages, incendies… (1867)

Dix-neuf personnes restaient encore dans l'île, presque sans vivres, sans armes pour s'en procurer, sans poudre — elle avait été jetée à la mer dans le premier moment de l'incendie — sans médicaments. Là devait bientôt, selon toute apparence, se terminer leur vie ; mais la nécessité leur donnant les forces et le courage nécessaires, les plus agiles de ces infortunés gravirent les rochers à pic au milieu desquels ils étaient en quelque sorte prisonniers. Armés de bâtons faits à l'aide des débris de navire, ils attaquèrent d'énormes sangliers jusque sur la cime de rochers escarpés.
Source : Gallica

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