Alphonse Daudet,
Oeuvres de Alphonse Daudet
(1930)
“ Les uns chantaient, dansaient autour de la barrique. D'autres étaient rentrés chez le garde, et comme il n'y avait rien là qui pût les tenter, pour satisfaire leur désir de pillage, ils jetaient les meubles par la fenêtre, faisaient du feu avec une armoire de noyer dont les ais secs et rongés de vieillesse s'allumaient comme une botte de paille. A la fin, ils sont partis, ivres, sous la pluie battante. Devant le portail, il y a eu une querelle. J'ai vu luire des baïonnettes, un homme rouler lourdement dans la boue et se relever tout sanglant, l'uniforme souillé de la terre jaune des carrières. ”
