Prosper-Olivier Lissagaray,
Histoire de Jacques Bonhomme
“ Les pauvres diables n’en ont pas. Le passé et le présent se résument pour eux dans une lamentation perpétuelle. Leur voix n’est qu’un cri, leurs annales sont vides. Sans instruction, sans nourriture, immobiles dans l’aveuglement, voilà leur lot. As-tu jamais cherché d’où tu venais, Bonhomme ? As-tu jamais songé à remonter jusqu’à l’origine de ta misère, de ton père à ton aïeul, de génération en génération ? N’as-tu pas cru quelquefois que les Jacques du passé avaient été soumis, en expiation de quelque crime, eux, leurs enfants et leur postérité, au joug d’hommes meilleurs ? ”

