Prosper-Olivier Lissagaray

Prosper-Olivier Lissagaray

Résumé

Portrait de Prosper-Olivier Lissagaray Prosper-Olivier Lissagaray Les Huit journées de mai

La résistance aux abords de la Bastille fut héroïque. On compta plus de cent cadavres sur la seule barricade de la rue de Charenton. Rue Sainte-Marguerite, les fédérés, attaqués des deux côtés de la rue et retranchés dans les maisons, se firent tuer jusqu’au dernier. Rue Crozatier, les Versaillais s’emparèrent d’un artilleur de l’armée qui, le 18 mars, était passé à la Commune. « Qu’on le fusille, qu’on le fusille ! » criait-on. Lui, calme, regardant les soldats, il haussa les épaules et prononça ce mot admirable : « On ne meurt qu’une fois. » Plus loin, un vieillard se débattit énergiquement.
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Portrait de Prosper-Olivier Lissagaray Prosper-Olivier Lissagaray Les Huit journées de mai

Le vieil édifice, témoin de tant de parjures, où tant de fois le peuple installa des pouvoirs qui se retournèrent contre lui, ne devait pas survivre à son véritable maître. Au bruit du beffroi et des clochetons qui s’abîmaient, des voûtes et des cheminées s’écroulant, des sourdes détonations et des explosions éclatantes, se mêlait la voix brutale des canons de la grande barricade du square Saint-Jacques qui balayait la rue de Rivoli.
La Commune, la Guerre et tous les services qui s’y rattachaient s’étaient repliés vers huit heures du matin sur la mairie du XIe arrondissement.
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Portrait de Prosper-Olivier Lissagaray Prosper-Olivier Lissagaray Les Huit journées de mai

La vie et la mort, le râle et le rire se coudoyaient, dans les escaliers, à chaque pièce, à chaque étage, baignés par la même lumière éblouissante du gaz. Souvent on surprenait des espions et on les exécutait sur la place de l’Hôtel de ville contre une barricade. Malheur à tout individu suspect ou soupçonné de l’être. Dans ces moments de luttes physiques et morales, quand la vie est à la merci d’une erreur ou d’un caprice, l’insouciance de la mort vous gagne comme un vertige, et l’existence perd tout son prix, comme l’or entre les mains fiévreuses du joueur.
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