Ernest Daudet,
L'agonie de la Commune : Paris à feu et à sang…
(1871)
“ C'est alors que Gambon monta sur la barricade. « J'ai passé trente années de ma vie, dit-il, à me sacrifier pour la République et la liberté ; j'ai tout donné au peuple, et le peuple aujourd'hui m'abandonne ; j'ai fait le sacrifice de ma vie pour des lâches qui fuient le danger lorsqu'il se présente en face. Je jure bien que si j'en réchappe, je ne donnerai plus un instant de ma vie, une de mes pensées à ces hommes. Citoyens, la grande cause est encore une fois perdue ; la Commune est tuée par ceux qui avaient juré de la faire triompher ou de mourir, et qui n'ont pas su la défendre. » ”
