Henryk Sienkiewicz

Élements biographiques

Portrait de Henryk Sienkiewicz Henryk Sienkiewicz Quo vadis (s. d. (avant 1936))

Lygie n’est pas Eunice. Mais leur différence m’apparaît tout autre qu’à toi. L’amour a modifié ton odorat et tu préfères aujourd’hui les violettes à la verveine. Moi, il m’a transformé l’âme. Et, malgré ma misère et ma passion, je préfère que Lygie soit ce qu’elle est et ne ressemble pas aux autres femmes.
Pétrone haussa les épaules.
— Alors, tu n’as pas à te plaindre. Mais moi, je ne puis le comprendre.
Vinicius répondit avec chaleur :
— Oui ! oui ! nous ne pouvons plus nous comprendre.
Un silence suivit.
— Que le Hadès engloutisse tous les chrétiens ! — s’exclama Pétrone.
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Portrait de Henryk Sienkiewicz Henryk Sienkiewicz Hania (1876)

Un cheval blanc arrivait à un galop effréné, touchant à peine la terre de ses sabots ; et le cavalier, courbé sur la crinière, selon la coutume tatare, n’était autre que mon ami Sélim.
— C’est Sélim ! Sélim arrive ! s’écria Kaz.
— Que fait ce fou ? Les portes sont fermées ! dit mon père ému.
On n’avait plus le temps d’ouvrir les portes, et Sélim arrivait comme un fou, et l’on pouvait craindre de le voir s’écraser sur le mur élevé, surmonté de pieux aigus.
— Mon Dieu, protège-le ! murmura le prêtre Ludvig.
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Portrait de Henryk Sienkiewicz Henryk Sienkiewicz Quo vadis (s. d. (avant 1936))

Vinicius s’appuya au rebord de la litière, se pencha vers Chilon et, le regardant droit dans les yeux, lui dit d’une voix sourde :
— Tu as vendu Lygie !
— Colosse de Memnon ! — s’écria l’autre avec terreur.
Mais le regard de Vinicius n’exprimait aucune menace et la peur du vieux Grec s’évanouit aussitôt. Il se souvint qu’il était sous la protection de Tigellin et de César lui-même, deux puissances devant lesquelles tout tremblait, qu’il était entouré d’esclaves athlétiques, et que Vinicius était là, sans armes, le visage émacié et le corps courbé par la douleur.
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