Maurice Barrès,
La Colline inspirée
“ L’horizon qui cerne cette plaine, c’est celui qui cerne toute vie ; il donne une place d’honneur à notre soif d’infini, en même temps qu’il nous rappelle nos limites. ”
Une place désigne un espace public non bâti, desservi par des voies, souvent entouré de bâtiments et doté d’un revêtement minéral. Historiquement, elle a fonctionné comme un lieu de rassemblement, de commerce ou de cérémonie, comme l’Agora grecque ou le forum romain.
Des auteurs tels que Maurice Barrès ou Louis Dumur en ont analysé la dimension symbolique, associant la place à la frontière humaine ou à la majesté d’une ville. Les typologies, allant de la place close aux rond-points, révèlent une évolution urbaine marquée par la géométrie et la fonction sociale.
Maurice Barrès,
La Colline inspirée
“ L’horizon qui cerne cette plaine, c’est celui qui cerne toute vie ; il donne une place d’honneur à notre soif d’infini, en même temps qu’il nous rappelle nos limites. ”
“ Cette ville dont les livres parlaient en surprenants termes, qui depuis des siècles tenait dans l’intellect des hommes une si grande place, ce rendez-vous de tout ce qu’il y a d’illustre et de noble, ce berceau de l’art, ce lit unique de l’amour, ce dispensateur de toute lumière, de tout bienfait, de toute jouissance, cette cité vieille et moderne devait être un Eden éminent, la perfection, la grâce, la splendeur, le grandiose. ”
Alphonse de Lamartine,
Œuvres complètes de Lamartine
“ Quand il fait beau, hors de la maison, je m’assois à une bonne place au soleil, contre un mur, contre une roche, contre un châtaignier ; et je vois en idée la vallée, le château, le clocher, les maisons qui fument, les bœufs qui pâturent, les voyageurs qui passent et qui devisent en passant sur la route, comme je les voyais autrefois des yeux. ”
Henri Vié-Anduze, Contes champêtres (1861)
“ Dans le lointain, les flancs arides de la montagne jurent par leurs tons grisâtres, avec la végétation luxuriante de la plaine, en lui composant un cadre digne d'elle. Enfin, ce pays est un de ces coins du monde que l'imagination revoit dans un doux rêve et qui, dans votre souvenir, occupe familièrement la même place que l'ami de votre enfance. ”
Victor Hugo,
Oeuvres illustrées, de Victor Hugo…
(1826)
“ Chacun de nous, en passant dans ces plaines arides et désolées, cherchait à saluer encore d’un triste regard le lieu où étaient ses champs, ses habitations, ses richesses ; souvent il n’en pouvait reconnaître la place. ”
Clémence Robert,
Les Amants du Père-Lachaise, par Clémence Robert
(1869)
“ Car, lorsque je me dirige vers Cette place, du plus loin que le vent, en écartant les branches, me découvre une partie de là grille ou un coin du mausolée, mon coeur bat délicieusement, je me sens animée d'une nouvelle existence. ”
Marc Aurèle,
Pensées pour moi-même
(vers 170-180)
“ Toute la terre n’est qu’un point ; quelle place y occupe pourtant le petit coin où nous habitons ? Et dans ce coin combien feront notre éloge, et que valent-ils ? Enfin, souviens-toi que tu as en toi-même un petit domaine où tu peux te retirer. ”
Charles Baudelaire,
Œuvres complètes de Charles Baudelaire
“ Je voyageais. Le paysage au milieu duquel j’étais placé était d’une grandeur et d’une noblesse irrésistibles. Il en passa sans doute en ce moment quelque chose dans mon âme. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ Les sites les plus beaux ne sont que ce que nous les faisons. Quel homme un peu poëte n’a dans ses souvenirs un quartier de roche qui tient plus de place que n’en ont pris les plus célèbres aspects de pays cherchés à grand frais ! ”
M. Gustave Geffroy, Le Tour du monde
“ On fait le tour de ce qui a été, on devine l’emplacement des douves, des portes, des cours intérieures, et cet emplacement est d’une mélancolie inexprimable, car l’on devine, au seul fragment intact qui a subsisté, la grâce et la beauté de l’ensemble disparu. ”
Eugène Muller, Curiosités Historiques et Littéraires
“ L'idée de faire du butin conduit à l'idée de se rendre maître d'une place: «Quant celle grosse ville... fu ensi gaegnie et robée.» «Avoir ville gagnée.» Puis l'idée de s'emparer d'une place conduit à l'idée d'occuper un lieu où l'on a intérêt à arriver: gagner le rivage, gagner le port, il est parvenu à gagner la porte; par extension, le feu gagne la maison voisine, et, au figuré, le sommeil le gagne. ”
Henry David Thoreau,
Walden ou la Vie dans les bois
(1854)
“ et là en bas faisons jouer nos pieds et se frayer un chemin à travers la fange et le gâchis de l’opinion, du préjugé, de la tradition, de l’illusion, de l’apparence, cette alluvion qui couvre le globe, à travers Paris et Londres, à travers New York et Boston et Concord, à travers Église et État, à travers poésie et philosophie et religion, jusqu’à ce que nous atteignions un fond solide, des rocs en place, que nous puissions appeler réalité, et disions : Voici qui est, et qui est bien ; ”
Maurice Demimuid, Pierre-le-Vénérable ou La vie et l'influence monastiques au douzième siècle (1876)
“ Un paysage paraît-il nu, triste, désert, placez-y un clocher ; à l'instant, tout va s'animer : les douces idées de pasteur et de troupeau, d'asile pour le voyageur, d'aumône pour le pèlerin, d'hospitalité et de fraternité chrétiennes, vont naître de toutes parts (2) ! ”
Amédée Pichot,
Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Écosse…
(1825)
“ Ici nous sommes dans la ville neuve, où résident tous les gens comme il faut, et qui se compose de belles places carrées , circulaires ou demi-circulaires, de rues toutes tirées au cordeau, de temples grecs ou gothiques, de maisons à péristyles, d'édifices publics, de colonnes... ”
Auguste-François Chomel,
Des Dyspepsies, par le prof. Chomel…
(1857)
“ Je vais quelquefois rendre visite à mes amis dans les villes voisines. Je visite les édifices publics, les palais, les jardins, les antiquités, les places, les églises, les fortifications, n'oubliant aucun endroit où je puisse contenter ma curiosité ou acquérir quelque nouvelle connaissance. ”
Paul Cunisset-Carnot,
Le livre d'agriculture...
(1905)
“ Les plus beaux édifices du monde, les plus belles places, les plus belles rues, ne sont rien comparés aux plaines verdoyantes, aux bois, aux vergers, aux prairies et surtout à la voûte du ciel, que rien ne cache aux yeux. ”
François de La Place, Leçons françaises de littérature et de morale… (1820)
“ La ville, ses remparts, ses palais magnifiques, Ses dômes éclatants, ses temples, ses portiques, Et son immensité, frappent moins ses regards, Qu'un peuple, heureux enfant du commerce et des arts Qui, des destins jaloux corrigeant l'influence, Joyeux, vole au travail, conduit par l'espérance. ”
Honoré de Balzac,
Mémoires de deux jeunes mariées
(1841)
“ Je ne vois point de place dans cette ville aux douceurs de l’amour, à ses saintes promenades sous des charmilles, au clair de la pleine lune, quand elle fait briller les eaux et qu’on résiste à des prières. Riche, jeune et belle, je n’ai qu’à aimer, l’amour peut devenir ma vie, ma seule occupation ; or, depuis trois mois que je vais, que je viens avec une impatiente curiosité, je n’ai rien rencontré parmi ces regards brillants, avides, éveillés. Aucune voix ne m’a émue, aucun regard ne m’a illuminé ce monde. La musique seule a rempli mon âme, elle seule a été pour moi ce qu’est notre amitié. ”
H. de Graffigny, Le tour de France en aéroplane
“ D'autre part, il faut réagir contre cette mode qui sévit depuis quelques années chez nous, parmi les gens qui se déplacent pour leur plaisir, de ne trouver de beaux paysages, de sites remarquables, de monuments curieux qu'hors de nos frontières. ”
Charles Philippe Place, Note du cardinal Place, au sujet des attaques dirigées contre lui par l'auteur du "Testament d'un antisémite"… (1891)
“ Je venais, exprès et au grand jour, de Marseille à Paris, pour l'assister et le fortifier par ma présence et mon affection; je prenais place à côté de lui dans le prétoire; je n'y ai pas manqué une seule fois. Mon diocèse de Marseille était tenu au courant de tout ce qui se passait ; les journaux lui apportaient les nouvelles après chaque audience; ils étaient lus avec avidité ; on discutait les circonstances du procès, et jamais mes Marseillais, avec la rectitude de leur sens et la noblesse de leur cœur, n'ont cessé d'approuver la conduite de leur Evêque. ”
François de La Place, Leçons françaises de littérature et de morale… (1820)
“ Elles parent nos fromts, parfument nos banquets, Et parmi les crystaux, belles sans artifice, De nos brillants desserts couronnent l'édifice. Hôte aimable des champs , ce peuple quelquefois Vient vivre parmi nous, et se plaît sous nos toits ; Trompe l'hiver jaloux dans l'abri d'une serre, -- Se mire dans les eaux et tapisse la terre ; Et sur la mer, enfin, souvent aux matelots Leur parfum présagea la terre et le repos. ”
René de Place, Historique du 12e cuirassiers… (1889)
“ La division Laborde est employée au blocus de Philipsbourg. Le 15 novembre, dans une attaque faite pour repousser l'ennemi dans la place, le 12e de Cavalerie s'illustre par une brillante charge contre l'infanterie ; il prend 400 hommes, 3 canons et 6 caissons attelés ; ce beau succès ne lui coûte qu'un seul homme. ”
Charles Philippe Place, Note du cardinal Place, au sujet des attaques dirigées contre lui par l'auteur du "Testament d'un antisémite"… (1891)
“ Mais ce qui ne se fait pas, ce qui est inouï chez des hommes qui ont le respect d'eux-mêmes, c'est de saisir le public qui ne peut connaître les circonstances et les éléments du débat, surtout quand l'autre partie est dans une position qui lui interdit le recours aux mêmes moyens, comme il arrive à un évêque qui ne peut pas exposer sur la place publique les motifs de son administration. ”
Charles Place, Réforme sociale. Projet de caisse de retraite pour les travailleurs des deux sexes des villes et des campagnes… (1849)
“ Mais la masse des travailleurs m'a toujours paru forcément étrangère à cette abnégation de tout bien-être et de tout plaisir. J'ai vu trop souvent des hommes courageux, actifs, luttant contre la division forcée de leur mince salaire entre une famille nombreuse et par conséquent nécessiteuse. Je me suis demandé si l'abandon dans lequel l'ouvrier se trouvait placé pouvait être attribué à ses fautes ou à ses vices, à son imprévoyance ou enfin à la force des faits, la plus impérieuse et la plus accablante des calamités. ”
Charles Philippe Place, Note du cardinal Place, au sujet des attaques dirigées contre lui par l'auteur du "Testament d'un antisémite"… (1891)
“ Un seul des Oratoriens déclara vouloir quitter l'Oratoire et se soumettre purement et simplement ; aussitôt la suspense qui le frappait fut levée. Le devoir était clair, certain : il ne laissait place ni au subterfuge ni à l'équivoque. Ce sont les prêtres de l'Oratoire qui, à deux reprises différentes, avaient appelé devant le Saint-Siège, et contre moi, et contre l'Officialité diocésaine. Se disant sûrs que la sentence serait en leur faveur, ils en exaltaient l'autorité et en triomphaient d'avance. Mais Rome ayant jugé contre eux, Rome n'est plus rien! ”
René de Place, Historique du 12e cuirassiers… (1889)
“ Il envoie aussitôt un officier de son état-major porter au 3e lanciers, placé en avant de Rezonville, près et au sud de la grande route, l'ordre de charger l'infanterie allemande qui remonte de Flavigny ; puis, se tournant vers le général Desvaux : « Les Cuirassiers de la Garde, lui dit-il, appuieront la charge du 3e lanciers. » Le lieutenant Davignon transmet aussitôt cet ordre au colonel Dupressoir. Cependant le régiment est resté immobile sous le feu des batteries prussiennes placées au sud de Vionville, qui le couvrent de projectiles. ”
François de La Place, Leçons françaises de littérature et de morale… (1820)
“ Il n'a point tous ces arts qui trompent notre eunui : Mais que lui manque-t-il? la nature est a lui. Des grottes, des étangs, une claire fontaine Dont l'onde en murmurant l'endort sous un vieux chêne; Un troupeau qui mugit, des vallons, des forêts : Ce sont la ses trésors, ce sont là ses palais. C'est dans les champs qu'on trouve une mâle jeunesse ; C'est là qu'on sert les Dieux, qu'on chérit la vieillesse: La Justice, fuyant nos coupables climats, Sous le chaume innocent porta ses derniers pas. ”
Charles Philippe Place, Note du cardinal Place, au sujet des attaques dirigées contre lui par l'auteur du "Testament d'un antisémite"… (1891)
“ Il m'est permis de le dire : la Divine Providence a constamment placé ma vie dans des conditions telles que, si je puis ainsi parler, je n'aurais pas même eu le temps d'avoir de l'ambition, si j'avais eu le malheur d'y être enclin. Avant même que je fusse prêtre, — j'ai été ordonné à Saint-Jean-de-Latran le 30 mars 1850 — Mgr l'Evêque d'Orléans, mon ancien catéchiste à la chapelle SaintHyacinthe, devenu mon ami, me nommait son vicaire général. Après ma première messe, — dite à la chapelle Borghèse, à Sainte-Marie-Majeure, — un ami de Mgr Dupanloup me remit ma lettre de nomination. ”
François de La Place, Leçons françaises de littérature et de morale… (1820)
“ ENTRE le ciel, la terre et l'empire des ondes, S'élève un vieux palais aux confius des trois mondes. Là, sur tous les pays l'œil se porte à la fois : La, de tous les humains l'oreille entend la voix. 4 Au sommet d'une tour qui n'est jamais fermée, C'est là que nuit et jour veille la Renommée. On y voit en tous temps cent portiques ouverts, Echos de tous les bruits qui courent l'univers. ”
Jean Vaudon,
Études littéraires sur le XIXe siècle…
(1888)
“ De colline en colline en vain portant ma vue Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant, Je parcours tous les points de l'immense étendue, Et je dis : nulle part le bonheur ne m'attend. Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé 1 Quand le tour du soleil ou commence ou s'achève, D'un œil indifférent je le suis dans son cours ; En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours. ”
Henri Blaze,
Revue des Deux Mondes
“ Pour peu que la mélancolie des lieux et le penchant de votre humeur s’y prêtent, le lieu va vous ouvrir une porte sur l’infini. Grace à lui, vous rêverez sans fin ; où et quand cette rêverie s’arrêtera, Dieu le sait ! ”
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes fantastiques d’Hoffmann
“ À voir ce petit pays entouré d’une chaîne de hautes montagnes, avec ses forêts verdoyantes et embaumées, ses vallons fleuris, ses bruyants torrents et ses sources limpides murmurant des accords joyeux, alors qu’il n’y avait pas encore de villes, mais seulement de riants villages, et çà et là des palais isolés, on pouvait se croire au milieu d’un jardin charmant et merveilleux, où les habitants se promenaient pour leur plaisir, libres de tous les soucis qui aggravent le fardeau de la vie. ”
Maurice Leblanc,
Contes du soleil et de la pluie
“ Sachez ceci : il n’y a pas une seule route en France au bord de laquelle ne repose, de dix lieues en dix lieues, quelqu’une de ces vieilles petites villes charmantes et passionnantes où il est si bon de se promener un instant, ne fût-ce qu’une heure. Toutes, elles offrent quelque chose à notre admiration, un portail d’église, un donjon en ruines, l’ombre d’un jardin séculaire. ”
Marie-Lætitia Bonaparte-Wyse,
Le Piège aux maris
“ Une plaine, des champs cultivés que traverse une grande route. À l’horizon, des collines basses, une futaie, les toits d’un village, sur la route, une maison isolée. Les maisons, comme les rues et les hommes, ont une physionomie : les unes ont l’air calme, d’autres, l’air affairé. ”
Alexandre Dugré, Vers les terres neuves
“ Souvent, l’on déserte en ville, non par dégoût de la terre, mais d’une terre, située dans un bout de rang, au bas d’une côte, où l’on ne voit rien, où l’on s’ennuie, loin du chemin de fer, loin de l’eau, loin de l’église et du village. ”
Charles Philippe Place, Note du cardinal Place, au sujet des attaques dirigées contre lui par l'auteur du "Testament d'un antisémite"… (1891)
“ Pourtant, — je ne crois pas avoir à m'imposer de le taire, — l'interrogatoire était mené d'une telle manière que M. Rivolet, l'avocat de mon frère, ne put s'empêcher de s'écrier au cours des débats : « M. le Président, si » M. Place est condamné d'avance, je n'ai plus qu'à me » retirer et à abandonner la défense. » J'entends encore ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ Le lieu où une plaine fait sa jonction avec une ville est toujours empreint d’on ne sait quelle mélancolie pénétrante. La nature et l’humanité vous y parlent à la fois. Les originalités locales y apparaissent. ”
Adèle Hommaire de Hell,
A travers le monde : la vie orientale…
(1870)
“ A vos pieds, la ville entière avec ses palais, ses églises, ses jardins, ses cloîtres et sa population ressemblant à une fourmillière, vous apparaît, de cette hauteur, comme une cité fantastique : ici lumineuse sous les ardents rayons du soleil, là n'offrant que des masses confuses, de noires silhouettes, d'indécises perspectives, chaos sublime qui appelle le rêve, qui exalte l'imagination, avide de pénétrer dans ses mystérieuses profondeurs. ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ Du haut de l’arc de l’Étoile le ciel, la ville, les horizons, la campagne verte, les dômes des grands édifices dans la pluie et dans le soleil, quel cadre pour la plus gigantesque scène humaine qui se soit jamais produite ! ”
Alphonse de Lamartine,
Harmonies poétiques et religieuses
(1882)
“ Et qu'est-ce que la terre? Une prison flottante, Une demeure étroite, un navire, une tente Que son Dieu dans l'espace éleva pour un jour, Et dont le vent du ciel en trois pas fait le tour ; Des plaines, des vallons, des mers et des collines Où tout sort de la poudre et retourne en ruines. ”
Ernest Muret, Les noms de lieu dans les langues romanes… (1930)
“ Un lieu, qui est une portion déterminée de l'espace, peut être dénommé, au propre ou au figuré, d'après sa situation ou son aspect, la composition du sol, l'allure des cours d'eau, les phénomènes météorologiques dont il est le théâtre, la vie qui se déroule à sa surface, le peuplement végétal, animal ou humain. ”
Eddy Lévis, Flèches perdues (1898)
“ Dans l'atmosphère pure De la plaine où le vent souffle avec âpreté, Ton être primitif voit la réalité. Quitte ce beau palais où nous cherchons des sources De rêve et d'irréel. Va, pastour ! bois aux sources Qui courent, comme toi, nomades, par les champs ; Nourris tes poumons d'air et tes yeux de couchants, Fais naître des agneaux et touche ton salaire, Tandis que, sans jamais pouvoir nous satisfaire, Enivrés du désir d'idéale Beauté, Nous ferons des chefs-d'oeuvre, hélas, sans vérité ! Nous sommes les amants du rêve et des mensonges, Les Bergers que voici sont créés par nos songes ”
