“ Pierre Leduc aimait Dolorès, et il la regardait comme on regarde celle qu’on aime. Lupin sentit en lui, aveugle et forcené, l’instinct du meurtre. Ce regard, ce regard d’amour qui se posait sur la jeune femme, ce regard l’affolait. Il avait l’impression du grand silence qui enveloppait la jeune femme et le jeune homme, et, dans ce silence, dans l’immobilité des attitudes, il n’y avait plus de vivant que ce regard d’amour, que cet hymne muet et voluptueux par lequel les yeux disaient toute la passion, tout le désir, tout l’enthousiasme, tout l’emportement d’un être pour un autre. ”
Maurice Leblanc
Élements biographiques
Maurice Leblanc (1864-1941), romancier français reconnu pour avoir créé le célèbre gentleman-cambrioleur Arsène Lupin, incarne une figure centrale de la littérature policière et d’aventures. Auteur de romans aux thèmes variés — du roman psychologique à la science-fiction —, il a forgé un univers où l’intelligence et la subtilité des intrigues prennent le dessus.
Ses œuvres majeures, comme L’Œuvre de mort, 813 ou La Comtesse de Cagliostro, illustrent une maîtrise narrative unique, mêlant suspense et exploration des profondeurs humaines. Bien qu’habituellement associé à la popularité plutôt qu’à la reconnaissance critique, Leblanc a laissé une empreinte durable, influençant des auteurs comme Gaston Leroux et inspirant des générations de lecteurs et de chercheurs, notamment à travers l’Association des Amis d’Arsène Lupin.
Citations de Maurice Leblanc
Maurice Leblanc,
Le Cercle rouge
“ Non, jamais ! Notre union est impossible. Je ne serai jamais, votre femme tant que j’aurai cette souillure dans ma vie, termina-t-elle d’une voix sourde en regardant sa main qui, maintenant, était libérée de l’horrible stigmate. — Et pourquoi Florence, pourquoi ? cria Max. Qui saura jamais cela ? Votre secret demeurera notre secret... et nous l’oublierons vite avec le bonheur... — Oui, le bonheur... murmura Florence rêveuse... Mais non, non, c’est impossible, reprit-elle en relevant les yeux. C’est impossible, je vous le répète. Cette fatalité qui pèse sur moi me poursuivra toujours. ”
Maurice Leblanc,
Ceux qui souffrent
“ Je ne peux plus vivre, je ne peux plus vivre ! Un jour, j’espérai devenir fou. Ce ne me fut même pas accordé. Je n’ai qu’une demi-folie, celle du jaloux ou de l’avare, l’idée fixe. Toutes mes pensées, tous mes rêves se concentrent sur une vision... elle ne me quitte jamais, elle marche devant moi, elle couche auprès de moi. Mon cerveau est à nu, tout saignant, et à chaque minute, à chaque seconde, implacablement, comme un fer rouge, s’y incruste cette hideuse image : un clou, et pendu à ce clou, un couple, M. et madame Jumelin... et ce clou m’attire... il me veut... allons... il le faut. ”
