Maurice Leblanc

Maurice Leblanc

Résumé

Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Armelle et Claude

Et longtemps après, Armelle reprit :
— J’ai eu peur, Claude... mon émotion m’en rappelait d’autres analogues, éprouvées les rares fois où j’ai cru aimer... C’était la même félicité, le même effarement, et surtout, à la fin, la même angoisse de penser que cela ne se représenterait plus quand l’autre ne serait plus là... Alors, j’ai soupçonné que peut-être, à notre insu, nous nous aimions, Claude...
Il dit simplement :
— Nous nous aimons, mais pas comme vous l’entendez.
— Oui, nous nous aimons en dehors de l’amour.
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Armelle et Claude

La vieille conception de l’amour les hanta. Claude se souvenait des voluptés définies qu’il lui devait, et Armelle regrettait tout au moins de ne point connaître ce bonheur partiel. Y avait-il rien de mieux que l’agenouillement de cet enfant ? rien de mieux que d’être prêt comme lui à se sacrifier sur un signe, à mourir sur un ordre ? Combien peu lui importaient sa dignité, son avenir, sa conscience, le souci de remplir sa tâche ? Aimer, aimer jusqu’à n’être plus soi, aimer jusqu’à croire que son âme palpite et que son cœur bat en qui l’on aime, n’est-ce pas l’unique idéal ?
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Armelle et Claude

Et comme il hésitait, elle lui dit :
— Parlez sans crainte, je crois que vous allez dire des mots que j’aimerai.
Il les dit en effet, hardiment :
— Voulez-vous que nous soyons l’un pour l’autre ce contact nécessaire, et cela en dehors de toute préoccupation d’amour. Puisque la liberté et l’amour sont incompatibles, soyons libres et empruntons à l’amour ce qu’il a de bon, l’intimité, l’affection, la confiance, l’harmonie... Écoutez... je vous offre une année, deux années de ma vie, et je vous demande un an, deux ans de la vôtre.
Le visage d’Armelle marqua de l’étonnement.
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