Henri Barbusse,
L’Enfer
(1908)
“ Près de la borne, sans pensée, l’enfant dans les bras, elle vint ; il faut qu’elle ait un cœur divin pour pouvoir être si lassée. Elle est là, rien ne la défend, mais elle sourit la première : elle aime le ciel, la lumière qu’aimera l’indistinct enfant, elle aime la frileuse aurore, le midi lourd, le soir rêveur : il grandira, confus sauveur, pour que tout cela vive encore ; lui qui fut sombre et qui trembla au fond de la route gravie, il recommencera la vie, le seul paradis qui soit là, et le bouquet de la nature ; il rendra belle la beauté, il refera l’éternité avec son chant et son murmure. ”
