“ Il a fallu de longs siècles d’études et une audacieuse témérité d’esprit pour arriver à s’affranchir de cette impression naturelle et à reconnaître que le monde où nous sommes est isolé dans l’espace, sans soutien d’aucune sorte, en mouvement rapide sur lui-même et autour du Soleil. Mais, pour les siècles antérieurs à l’analyse scientifique, pour les peuples primitifs, et encore aujourd’hui pour les trois quarts du genre humain, nous avons les pieds appuyés sur une terre solide, fixée à la base de l’univers, et dont les fondements doivent s’étendre jusqu’à l’infini dans les profondeurs. ”
Camille Flammarion
Résumé
"Uranie", de Camille Flammarion, combine science et poésie pour explorer l'immensité de l'univers et la place de l'humanité dans ce vaste cosmos. Publié au XIXe siècle, ce roman présente des personnages comme Spero et Uranie, dont les réflexions sur la gravité terrestre, les étoiles et la nature des planètes remettent en question les limites entre le matériel et l'éternel.
À travers des descriptions lyriques de la Lune, du Soleil et de Mars, Flammarion célèbre la beauté des phénomènes célestes tout en illustrant la quête humaine de connaissance, mise en évidence par des dialogues profonds sur la vie, la mort et l'éternité.
Citations de Uranie (Camille Flammarion)
“ Vous avez beau célébrer avec éloquence les délices de la science, convenez que l’art, lui aussi, a ses charmes. Les étoiles de la Terre ne rivalisent-elles pas avantageusement avec les beautés du Ciel? N’admirez-vous pas comme nous l’élégance de ces formes? Quels tons ravissants! Quelles chairs!— Je n’aurais pas le mauvais goût de ne point admirer ce qui est vraiment beau, répliquai-je, et j’admets que la beauté humaine (et je vous le concède sans hésitation, la beauté féminine en particulier) représente vraiment ce que la nature a produit de plus parfait sur notre planète. ”
“ La lune, s’élevant lentement dans le ciel oriental, répandait dans l’atmosphère une clarté qui, insensiblement, se substituait à celle du crépuscule, et déjà dans la ville, à leurs pieds, au-dessous des bosquets et des ruines, quelques lumières apparaissaient çà et là. Ils s’étaient relevés et se tenaient debout, au centre du sommet de la tour, étroitement enlacés. Elle était belle, encadrée dans l’auréole de sa chevelure dont les boucles flottaient sur ses épaules; des bouffées d’air printanier, imprégnées de parfums, violettes, giroflées, lilas, roses de mai, montaient des jardins voisins. ”
