Résumé

John Croisier De Carthage à Montmartre, Civita (1903)

L'amour est un sentiment moral qui devrait à lui seul gouverner la terre ; c'est le culte de l'harmonie entre le besoin du bonheur et son objet ; c'est enfin l'acte suprême de l'âme, c'est le chef-d'œuvre dans l'humanité.
Et sans cet aiguillon expiatoire que les dieux, en fuyant, ont laissé comme vengeance dans le cœur de toute créature, le monde n'aurait pas grande raison d'être et manquerait de tout ce qui fait que chacun s'y obstine malgré toutes désespérances.
Source : Gallica

John Croisier De Carthage à Montmartre, Civita (1903)

Une fois sa jeunesse flétrie, la misérable créature qui a cru aux promesses vaines et futiles que tout homme prodigue pour acheter son plaisir, si elle ne meurt pas de misère, parcourt péniblement un calvaire de douleurs, traînant derrière elle des enfants sans famille
que la société repoussera et méprisera dans l'avenir.
— Mais c'est affreux, cet envers de l'amour libre!
— Oui, Civita, c'est la honte de notre époque. Et, qui plus est, l'homme s'en fait une gloire, la galerie l'applaudit, lui, le coupable, et l'on chasse la pauvre fille, elle, la victime.
Source : Gallica

John Croisier De Carthage à Montmartre, Civita (1903)

Sur terre, la passion étant l'état aigu de l'Amour, ne peut admettre, si elle est réelle, le partage entre plusieurs cœurs à la fois. Le désir se transforme en amour, l'amour en passion et la passion souvent en folie.
Telles sont les phases de votre amour terrestre qui ne peut être qu'unique, quitte à se renouveler en changeant d'objet.
C'est ce qui explique l'anxiété de ces frêles natures affectueuses et sincères qui viennent se prosterner aux pieds des autels en s'écriant : Divinités justes ! que deviendrai-je dans votre paradis, moi qui ai beaucoup et sincèrement aimé ?
Source : Gallica

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